Tag Elkhazin

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Man's face

Tag Elkhazin

Bénévolat sur fond d’une sensibilité attentionnée

Je suis bénévole pour USF, dans le cadre d’un projet conçu par le Centre d’études sur le développement et la paix (CPDS, de son nom anglais) de l’Université de Bahri, au Soudan, visant à renforcer les capacités en règlements politiques et résolution de conflits entre communautés.

Voici en bref l’expérience unique que j’ai vécue avec USF. Je tiens à souligner l’attention exemplaire dont le personnel de l’organisation (nommément, Corrie Young et Catherine Cripps) fait preuve pour aplanir tous les obstacles quand la sécurité des bénévoles devient l’objectif primordial.

Tout a commencé en octobre 2019, quand j’ai rencontré l’équipe d’USF à l’Université de Carleton. Une semaine plus tard, le CPDS et moi avons présenté notre demande à l’organisation. Il a fallu quelque deux mois pour préciser les détails et finaliser le projet.

Loin de savoir que la situation engendrée par la COVID-19 allait empirer si vite, j’ai pris un avion le 1er mars 2020 pour un voyage de 12 000 km à destination du Soudan, en vue d’un premier séjour de 29 jours d’un programme en deux volets. Les vérifications, les contre-vérifications et les polices d’assurance exhaustives souscrites avant le départ m’ont procuré une protection appréciée pendant les déplacements et le séjour sur place. USF a déployé beaucoup d’efforts pour assurer mon confort malgré la situation désastreuse au Soudan.

man and woman sitting beside each other behind a desk

Dr Elkhazin et Mme Afag chez CPDS

J’ai pu entreprendre mon travail en dépit de circonstances très difficiles. Corrie et Catherine communiquaient avec moi tous les jours, soucieuses de ma santé. Et puis, les vrais problèmes ont commencé. Le 9 mars, le cortège du premier ministre a été l’objet d’une attaque. Corrie était à l’affût des nouvelles et s’enquérait quotidiennement de ma sécurité. Le 10 mars, la menace de la COVID-19 s’est fait jour au Soudan comme partout au monde. Le 15, les choses ont pris un tour franchement dangereux. J’échangeais tous les jours avec Grace Fowler, l’agente de voyage d’USF (de l’agence House of Travel – Maison de Voyages).

Le 16 mars, vers la fin de la journée, l’aéroport de Khartoum a été brusquement fermé. J’étais bloqué!

Le lendemain, Catherine m’a écrit : « J’aimerais ajouter que je pense à vous. Votre attitude positive me rassure ». Nous ne nous étions jamais rencontrés. Quel baume pour le moral! Le 18 mars, enfin, pendant que je m’efforçais avec la plus grande énergie de trouver un vol et que les messages s’enchaînaient dans un sens et dans l’autre, Corrie a écrit : « S’il vous faut prendre une décision rapide, je me fie à vous. USF assumera le coût. » Carte blanche, donc, pour que je revienne, peu importe le prix. Le geste m’a touché.

Le 19 mars, lueur d’espoir : l’aéroport de Khartoum allait rouvrir pendant 48 heures, et quatre vols rapatrieraient les ressortissants étrangers. Après un travail acharné avec la directrice d’Ethiopian Airlines, à Toronto, Grace a présenté quelques options à Corrie, qui a répondu : « S.v.p., faites ce qu’il faut. »

J’ai finalement quitté le Soudan l’après-midi du 20 mars et suis arrivé sain et sauf à Ottawa 24 heures plus tard.

Dès que je le pourrai, je referai du bénévolat pour USF. À l’évidence, l’organisation prend soin de ses collaborateurs!


Qui est Tag?

Tag Elkhazin est professeur associé à l’Institut des études africaines de l’Université de Carleton, à Ottawa. Il est aussi agrégé supérieur à l’École Norman Pearson d’affaires internationales, membre de l’African Study Group d’Ottawa et membre du conseil d’administration de l’Archaeological Institute of America à Ottawa.

M. Elkhazin a étudié et travaillé au Soudan, en Suède, en Allemagne, en Arabie saoudite, en Éthiopie, au Kenya, en Érythrée, au Nigéria, au Tchad, au Canada et au Royaume-Uni. Il est membre de l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres, au R. U.

Tag Elkhazin est un fidèle des ateliers et des cours sur la résolution des conflits à partir des champs d’intérêt des parties offerts par ADR Chambers et le Stitt Feld Handy Group de Toronto. Il est l’auteur de plusieurs articles et analyses sur les conflits au Soudan et au Soudan du Sud, sur l’Autorité intergouvernementale pour le développement (de son nom anglais, IGAD) et l’Accord de paix complet, sur l’eau en général et les eaux du Nil en particulier, sur la société civile, la paix et le règlement des conflits. Il a d’ailleurs conçu lui-même un module de « règlement politique » entre groupes rebelles et gouvernements.