Mary Wall

Mary Wall

En avril 2018, a Dre Mary T. Wall s’est rendue à l’hôpital de Gorkha, au Népal, à titre de volontaire d’USF, dans le cadre du programme des hôpitaux de district. Ce programme est une collaboration entre l’Académie des sciences de la santé de Patan (ASSP) et USF. Financé par la Society of Rural Physicians of Canada, il a été conçu par le Dr Karl Stobbe, membre du conseil consultatif international de l’ASSP, et ses collègues de l’établissement. L’objectif est de fournir un encadrement clinique aux diplômés, que les médecins accompagnent à tour de rôle afin de les aider à améliorer entre autres leurs aptitudes à la communication. Pour l’heure, les médecins travaillent principalement dans les hôpitaux ruraux et aux consultations hospitalières externes.

Voici le récit de Mary.

Je vous présente Sunil Daha.

Sunil à l’hôpital de Gorkha

À 21 ans, Sunil est en 5e année de médecine à l’Académie des sciences de la santé de Patan, au Népal. Il y est entré à 17 ans, ayant fait toutes ses études préalables grâce à des bourses. Il vient du district de Dhanusha et appartient à la caste dhanuk (mandal). Il est le seul fils de sa famille, qui compte en outre trois filles.

Dès l’âge de 6 ans, Sunil voulait devenir médecin. C’était l’élève le plus brillant de sa classe, mais s’il a pu fréquenter l’école, c’est grâce à des bourses. De même, le seul moyen de poursuivre des études supérieures était d’être boursier complet. Et pour ce faire, il devait avoir d’excellents résultats.

Sunil ne s’est jamais inquiété des bornes entre castes; il jouait avec tous les enfants, même si ce comportement lui a valu bien des froncements de sourcils. Au terme de sa 10e année, son père voulait qu’il devienne ouvrier, mais il a refusé, annonçant son intention de poursuivre ses études. Une bourse lui a permis de faire la 11e et la 12e années, mais au prix de trois heures de bicyclette à l’aller et autant au retour, chaque jour, sa famille n’ayant pas les moyens de lui fournir un logement à proximité de l’école. Pendant une partie de la période d’études et des examens d’entrée à la faculté de médecine, il était sans abri. Deux amis proches l’ont hébergé et l’ont aidé à trouver de quoi se nourrir tant bien que mal pour suivre les cours et faire les examens. Sa détermination et la force de sa passion lui ont permis d’entrer à la faculté de médecine à l’âge de 17 ans.

C’est grâce à cette volonté d’être le meilleur en tout temps qu’il a acquis des connaissances surprenantes au fil de ses études. Sans compter une éthique du travail à toute épreuve.

Mary et les étudiants de médecine

Sunil était à Gorkha depuis trois semaines quand j’y suis arrivée, et il connaissait déjà tout le personnel et tous les départements de l’hôpital. Chaque jour, il faisait des heures supplémentaires aux urgences, à la salle d’accouchement et en salle d’opération, désireux d’observer et d’apprendre. Il tenait à être, deux ans plus tard, le médecin le plus compétent, peu importe où il serait affecté. Nous avons longuement discuté de son vœu d’améliorer le niveau de vie, la santé et les normes d’éducation de la population avec laquelle il vivra et travaillera.

Chaque fois que Sunil retourne chez lui, depuis cinq ans, il visite les écoles qu’il a fréquentées pour parler aux élèves. Lors de son plus récent voyage, il a passé du temps à informer les gens de son village sur diverses questions de santé, dont la santé cardiaque. Il a vérifié la pression sanguine de plus de la moitié de la population. Très impressionnant pour un jeune homme de 21 ans.

Sunil respecte l’avis de ses mentors et de ses professeurs, et y attache beaucoup de prix. Il réfléchit sans cesse et pose beaucoup de questions. À mon départ, il aidait le médecin des urgences à réécrire la politique et les procédures du service. C’est lui qui a offert son temps, sachant que l’expérience lui serait utile un jour.

« Je dois prendre le plus d’expérience possible pour être un généraliste habile et un chef compétent et sensible », dit-il.

Hôpital de Gorkha


Biographie en bref :

La docteure Mary Wall est née et a grandi dans une région rurale de Terre-Neuve. Elle a fait son cours primaire dans une petite école de deux classes et le secondaire dans un tout nouveau bâtiment qui accueillait tous les enfants de la 7e à la 11e année de 16 villages des alentours. Au terme du secondaire, elle a obtenu une bourse du district pour ses études universitaires.

Devenue infirmière autorisée au bout d’un programme d’études de deux ans, elle a travaillé dans un petit hôpital de campagne à Terre-Neuve, et est retournée à l’Université Memorial pour un baccalauréat en sciences infirmières, avec un semestre en Angleterre en santé du travail. En dix ans, Mary a connu tous les champs de pratique des soins infirmiers : chirurgie, pédiatrie, soins intensifs, soins en phase critique, soins à domicile et services d’ambulance. Elle a aussi donné des cours de base en soins infirmiers à Portage la Prairie, au Manitoba.

Mary est allée de nouveau à l’Université Memorial, cette fois pour un diplôme en médecine, avant d’exercer tous les aspects de la médecine rurale. Elle s’est installée en Colombie-Britannique, où elle a travaillé à temps plein en médecine familiale rurale pendant 16 ans, dans deux cliniques situées à 20 kilomètres l’une de l’autre, avec privilèges hospitaliers complets lui permettant de faire admettre des patients dans un hôpital rural à 45 minutes de chez elle. Elle a été assistante en chirurgie, a enseigné la réanimation néonatale et la réanimation cardiopulmonaire, a été personne-ressource de la formation médicale continue dans un hôpital, a exercé en obstétrique, a été ambulancière (transport l’équipement de secourisme dans le coffre de sa voiture), a fait de l’oncologie générale, y compris de la chimiothérapie deux jours par semaine et de la médecine palliative de fin de vie à domicile.

Puis Mary s’est installée à Kelowna (C.-B.), où elle a exercé principalement comme généraliste en oncologie en milieu hospitalier. Elle a travaillé en obstétrique à l’hôpital de Penticton jusqu’en juin 2013 et a fait trois suppléances en milieu rural, au Nunavut et dans une zone à la frontière entre la Colombie-Britannique et les États-Unis. Elle est actuellement professeure agrégée à l’Université de Colombie-Britannique et résidente en médecine familiale pour un programme appelé Options for Sexual Health Clinics.