News

Renforcement des capacités de prise en charge du cancer au Kenya : lancement d’une maîtrise en physique médicale à l’Université de Meru, au Kenya

Établissement partenaire : Université scientifique et technologique de Meru, université publique au Kenya, créée en 2013 comptant plus de 10 000 étudiant·e·s

Bénévoles auprès d’USF : Dre Andrea Hammerich, Université McMaster, DrJohn Schreiner, Queen’s University

 

Défi : Améliorer les capacités médicales en matière de diagnostic et de traitement du cancer

Le Kenya continue de faire face à une augmentation du nombre de cas de cancer, l’accès opportun au diagnostic et aux soins restant limité étant donné la pénurie de professionnels de santé spécialisés. Consciente de cette lacune majeure, l’Université scientifique et technologique de Meru (MUST), en partenariat avec Universitaires sans frontières (USF) et Medical Physicists for World Benefit (MPWB), a lancé un programme d’étude visant à créer l’un des tout premiers programmes de Masters of Science (MSc) en physique médicale au Kenya.

Jusqu’à récemment, aucune université au Kenya ne proposait de formation officielle en physique médicale, un domaine essentiel au diagnostic moderne du cancer et à la radiothérapie. En 2019, le Dr Daniel Maitethia Memeu, professeur de physique à l’Université MUST, a pris l’initiative de contacter USF, amorçant ainsi un changement significatif. Ce qui a suivi a été un effort pluriannuel hautement collaboratif pour concevoir un programme adapté aux besoins uniques du Kenya en matière de soins de santé.

« Le soutien d’USF aura un impact astronomique », déclare le Dr Memeu. « Il nous permettra de former des professionnels qui, sans ce programme, n’auraient pas eu accès à une telle opportunité, et ainsi de prendre en charge des patients qui, sans cela, seraient restés sans soins. »

Approche : Mettre en place un programme de maîtrise en physique médicale

Élaboration du programme d’études par la collaboration

En raison des restrictions de voyage liées à la pandémie, la Dre Andrea Hemmerich (Université McMaster), bénévole d’USF, a collaboré à distance avec l’équipe de l’Université MUST pour mettre au point le programme d’études. En s’appuyant sur les contributions de parties prenantes nationales et internationales, dont MPWB, l’équipe du projet a veillé à ce que le programme réponde aux besoins du système de santé local tout en respectant les standards internationaux.

Deux ateliers réunissant des parties prenantes clés, l’un virtuel, l’autre en présentiel, ont rassemblé des physicien·ne·s médicaux·ales, des oncologues, des radiologues, des enseignant·e·s-chercheur·e·s et des responsables universitaires. Ces sessions ont joué un rôle déterminant dans la définition de la structure et des résultats d’apprentissage du programme.

En juillet 2023, des bénévoles d’USF et de MPWB se sont rendus au Kenya pour une mission de deux semaines, visant à finaliser les plans de cours, les méthodes d’évaluation et les ressources pédagogiques. Résultat : un projet de programme complet qui a depuis fait l’objet d’un examen interne et a été soumis à la Commission pour l’enseignement universitaire (CUE) pour accréditation nationale.

Renforcer les capacités locales

Pour assurer la durabilité du programme, le projet s’est appuyé sur un important volet de renforcement des capacités. Les séminaires dispensés par des experts internationaux, y compris le Dr John Schreiner et le Dr Yakov Pipman, ont permis de préparer le corps professoral à enseigner le programme et à s’approprier pleinement son contenu. Les conférencier·ère·s de l’Université MUST ont également animé des présentations sur les cours qu’il·elle·s proposeront, facilitant ainsi l’apprentissage entre pairs et le mentorat.

Par ailleurs, l’Université a signé un protocole d’accord avec l’hôpital universitaire et de référence de Meru, où une nouvelle clinique de cancérologie offrira aux étudiant·e·s des opportunités de recherche et de formation pratique.

Partenariats stratégiques et impact régional

La collaboration a été un pilier essentiel de la réussite du programme. En complément de ses collaborations avec USF et le MPWB, l’initiative s’est également associée à l’Association des physiciens médicaux du Kenya (AMPKen), à des universités locales (MMUST, Chuka et Pwan)i, ainsi qu’à divers hôpitaux, centres de cancérologie et au représentant kényan de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« En intégrant les parties prenantes dès les premières étapes, souligne la Dre Hemmerich, nous avons pu concevoir un programme en phase avec les réalités du système de santé au Kenya, tout en préparant les étudiant·e·s à relever les défis des soins oncologiques de demain. »

Le projet a déjà gagné en visibilité grâce à de nombreuses publications, notamment le bulletin canadien sur la physique médicale InterActions (janvier et juillet 2024) et le rapport annuel de 2023 de l’Université McMaster.

Prochaines étapes : Renforcer et pérenniser les nouvelles capacités

En attente de son accréditation, le programme de MSc prévoit d’accueillir sa première cohorte d’étudiant·e·s dès 2026. À long terme, le programme ambitionne de faire de MUST un pôle régional de formation en physique médicale et en soins contre le cancer — une étape clé pour raccourcir les délais de prise en charge, améliorer les résultats cliniques et renforcer les capacités du personnel de santé kényan sur le plan national.

Pour plus d’informations sur l’impact du travail d’USF et nos opportunités de bénévolat, veuillez consulter notre site web.