développement des capacités

Création de partenariats entres des universités et des groupes autochtones pour améliorer les soins de santé en Colombie

Une série de facteurs, y compris la pauvreté, les sécheresses permanentes, les distances géographiques, les différences linguistiques et culturelles, ont entraîné d’importantes disparités en matière de santé entre les populations autochtones et non-autochtones en Colombie. Les efforts pour combler ce fossé sont entravés par le fait que les patients autochtones sont quasiment invisibles dans les données sur la santé de la population.

L’Université d’Antioquia, avec l’aide du Dr Javier Mignone, bénévole d’USF et professeur des sciences de la santé communautaire à l’Université du Manitoba, relève le défi de combler ce fossé en développant un référentiel national de données sur la santé conçu pour fonctionner avec des ensembles de données provenant d’organismes de soins de santé autochtones.

« En tant qu’universités, nous pouvons beaucoup faire » a déclaré Javier, professeur à l’école de médecine Max Rady de l’Université du Manitoba. « Nous ne voyons pas la recherche comme une activité universitaire, mais comme une activité menée en partenariat, notamment avec des organismes autochtones. »

Un nouveau système, appelé Unidad de Gestión de Datos Poblaciones (UGDP), qui relève de la Faculté nationale de santé publique, s’inspire de la politique sur la santé du Manitoba Center for Health Policy, qui contient des données sur la quasi-totalité de la population du Manitoba, et qui dispose de garanties pour protéger les données des personnes autochtones contre les utilisations abusives.

Des chercheurs ont, par ailleurs, déjà testé ce système en utilisant des données de l’organisme Wayuu d’assurance maladie, Anas Wayuu, qui compte plus de 150 000 bénéficiaires.

Lors d’un récent voyage en 2022, Javier a participé à la conception d’une étude en partenariat avec Anas Wayuu, l’organisme Wayuu d’assurance maladie, en utilisant des données de clientes Wayuu traitées pour un cancer du sein, afin de déterminer si le fait de séjourner dans une auberge gérée par des Autochtones avait un impact sur leur accès aux soins.

Généralement, les patientes sont forcées à parcourir de longues distances pour recevoir leur traitement et, affaiblies par la chimiothérapie, elles retournent dans leurs villages, où elles n’ont pas accès à des soins de suivi. Des auberges adaptées à leurs besoins culturels leur offrent des interprètes, de la nourriture et des médecines traditionnelle, et une proximité à l’hôpital où elles peuvent être suivies. Les programmes qui offrent une approche respectueuse de soins intégrés peuvent faire toute la différence pour une patiente Wayuu atteinte de cancer.

Des chercheurs ont pu démontrer, en utilisant des données de 2014 à 2019, qu’il existait une corrélation significativement positive entre les auberges interculturelles et un meilleur accès à des spécialistes du cancer. Cet exemple montre la manière dont les données peuvent être utilisées pour aider un organisme autochtone à élaborer des programmes renforçant la résilience tout en répondant à des besoins urgents, fondés sur des données probantes.

À l’avenir, le défi sera d’améliorer la qualité des données que les organismes de santé autochtones partageront avec l’Université. Depuis le projet d’USF mené par Javier en 2019 (ajouter le lien), la Faculté nationale de santé publique offre un soutien technique et forme le personnel d’Anas Wayuu ainsi que d’autres organismes de santé autochtones pour les aider à mieux maîtriser leurs données.

Par l’intermédiaire de son travail de recherche et de renforcement des capacités, l’Université lie des liens de confiance et pose les bases pour des collaborations respectant le droit inhérent des Wayuu à l’auto-détermination et à leur souveraineté sur les données par l’auto-suivi de leurs propres données.

« Fondamentalement, les projets comme celui-ci peuvent renforcer l’auto-gouvernance des organismes de santé autochtones » a déclaré Javier. « Nous avons intégré la recherche et le renforcement des capacités pour créer un avantage direct et tangible pour les organismes avec lesquels nous collaborons. »

Avec l’aide du Dr Javier Mignone, bénévole d’USF, l’Université d’Antioquia a désormais les outils nécessaires pour soutenir des communautés autochtones à mener des recherches significatives et culturellement appropriées, tout en traçant leur propre voie vers une meilleure santé pour l’ensemble de leur population.

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Ghana – Renforcement des capacités de formation des travailleurs sociaux et faciliter la vie des personnes handicapées

En 2006, le Gouvernement du Ghana a adopté une loi destinée à assurer la participation à part entière des personnes handicapées à la vie de la société. Malheureusement, ses dispositions sont restées lettre morte, faute d’un nombre suffisant de travailleurs sociaux ayant reçu une formation professionnelle. Le Ghana a grand besoin de programmes communautaires accessibles en santé et en services sociaux et, surtout, de travailleurs sociaux aptes à travailler avec les enfants, les adolescents et les adultes qui présentent un handicap physique ou mental.

Michael Baffoe (à droite de la photo) et Don Fuchs (derrière à droite), tous deux professeurs à la faculté du travail social de l’Université du Manitoba, ont passé trois semaines comme bénévoles à l’Université du Ghana. En collaboration avec des partenaires sur place, ils ont dirigé des séminaires et des ateliers destinés à des professeurs, à des étudiants et à des praticiens, en plus de rencontrer des représentants du gouvernement et les responsables de certains organismes qui fournissent les services aux personnes handicapées, la plupart étant des ONG autonomes formées par des associations de « consommateurs ».

« Le projet nous a permis de consolider le programme d’études du Département du travail social de notre établissement et de créer des débouchés innovants pour les étudiants. »

 

« Le travail auprès de fournisseurs de services ghanéens très investis, déterminés à parfaire leurs connaissances et à améliorer leur capacité d’offrir des programmes et des services divers a été très inspirant. »

– Don Fuchs

Don et Michael ont pu en effet aider les professeurs du Département à mettre en œuvre des stratégies innovantes de formation pratique, ce qui représente un grand pas pour les praticiens qui, pour beaucoup, n’ont jamais eu de formation professionnelle structurée dans le domaine.

Ils ont également aidé le Département à renouer ou à renforcer ses liens avec les organismes partenaires dans le but d’améliorer la formation pratique ainsi que d’établir des relations de travail propices à une collaboration avec la ministre et le ministère de la Protection des femmes, des hommes et des enfants et de la Protection sociale en matière de services aux personnes handicapées.

Les deux bénévoles disent avoir retenu, pour leur part, à quel point la collaboration est essentielle en ce domaine, en particulier entre le monde universitaire et la société civile. Ils ont évalué les besoins sur le plan des relations de travail et de la collaboration entre les ONG qui servent les personnes handicapées et au sein de ces organisations, de même que le potentiel à cet égard. Ce dernier, ont-ils conclu, passe par une affectation structurée des étudiants du département à des postes de terrain pour permettre aux organismes d’élargir la gamme de leurs programmes et de leurs services.

À l’évidence, la formulation précise et l’expansion du rôle du Département du travail social comme catalyseur de changement et créateur de moyens innovants de répondre aux besoins des personnes handicapées auront des effets bénéfiques immédiats sur les enfants et les adultes qui dépendent de ces organismes.


Date: 2018

Bénévoles
Michael Baffoe, PhD, Faculté du travail social de l’Université du Manitoba
Don Fuchs, PhD, Faculté du travail social de l’Université du Manitoba


Merci à la R. Howard Webster Foundation, sans laquelle ce projet n’aurait pu être mené à bien.

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Soudan – Reconstituer les capacités en recherche

Prête pour la paix : une université soudanaise veut reconstituer ses capacités en recherche

Après huit mois de manifestations prodémocratie, une paix durement gagnée pourrait enfin faire cesser l’exode des cerveaux qui prive le Soudan de ses citoyens les plus brillants. Et grâce à l’appui d’Universitaires sans frontières (USF), l’Université de Dongola a une longueur d’avance.

En décembre 2018, la Pre Amal Madibbo séjournait dans le nord du Soudan dans le cadre d’une affectation de deux semaines à titre de bénévole d’USF quand elle s’est retrouvée au milieu d’un soulèvement politique d’ampleur nationale, alimenté par une coalition d’étudiants, de professionnels et de jeunes privés de leur droit de représentation.

Une hausse brutale du prix du pain a déclenché une série de protestations qui se sont vite généralisées en un mouvement visant le renversement du président Omar al‑Bashir, au pouvoir depuis plus de 30 ans.

« Voilà douze ans que je fais du bénévolat au Soudan et c’est la première fois que j’assistais à un événement de ce genre », note Mme Madibbo.

Bien avant ces manifestations, l’Université de Dongola avait demandé l’aide d’USF pour reconstituer ses capacités en recherche.

Le Soudan compte des dizaines d’universités publiques et privées, et la demande de programmes d’enseignement postsecondaire explose, mais des décennies de conflits armés et de service militaire obligatoire, ainsi que « l’islamisation » des contenus ont forcé des milliers de chercheurs à quitter le pays. Le financement des établissements s’est réduit comme peau de chagrin et le calibre des étudiants et des professeurs a diminué.

L’Université, qui accueille quelque 13 000 étudiants sur sept campus, a vite compris qu’en enseignant des méthodes de recherche de pointe à ses étudiants diplômés, elle serait mieux en mesure de produire les spécialistes nécessaires au développement et à la stabilité économiques du pays.

USF a délégué Amal Madibbo, professeure à la Faculté de sociologie de l’Université de Calgary, qui a animé plusieurs ateliers en méthodologie de recherche et en études sur les réfugiés et l’immigration, qui sont précisément ses domaines d’expertise.

Certes les manifestations qui ont balayé le pays vers la fin de décembre ont nui à la participation, mais plus de 30 professeurs et étudiants diplômés des facultés d’art, d’éducation, de droit, de soins infirmiers et d’agronomie se sont tout de même présentés.

« Nous sommes ravis de la visite de la Pre Amal à Dongola », souligne M. Ammar Sorag, directeur du Département des relations internationales de l’Université. « Nos collègues, nos étudiants diplômés et notre personnel ont tous beaucoup apprécié ses ateliers. »

Mme Madibbo a travaillé avec des professeurs et des administrateurs à l’élaboration de programmes d’études en méthodologie de la recherche et en études sur les réfugiés et l’immigration, qui visent respectivement 200 et 300 participants. Elle a également donné une formation sur la direction de thèses, pour que les futurs professeurs puissent maintenir la qualité de la recherche qui se fera désormais à l’Université.

Le pays, actuellement dirigé par un gouvernement de transition, est prêt pour une ère de paix. Quant à l’Université de Dongola, elle est en meilleure posture pour stimuler la recherche et fournir les données nécessaires à l’élaboration de politiques favorables à la stabilité et à la démocratie au Soudan.

Ce projet a été réalisé grâce à un apport de la Fondation R. Howard Webster.


Date : 2018

Bénévole : Amal Madibbo, PhD, Professeure agrégée, Département de sociologie, Université de Calgary

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